L'iconographie médiévale est répétitive, pour être comprise de chacun, et surtout des illettrés. On peut se demander comment les céréales entrent dans cette codification.

Pour l'essentiel, les images de céréales appartiennent à la représentation du monde réel.

Les semailles, les moissons et le battage sont trois des travaux agricoles choisis pour illustrer les mois de l'année. Les calendriers médiévaux en images peuvent être sculptés ou peints dans les églises, car le cycle des saisons participe à la vision cosmique du monde chrétien. En tête de nombreux livres manuscrits (missels, bréviaires, livres d'heures) est placé un calendrier, illustré feuillet après feuillet par les occupations de chaque mois.
Les semailles se placent au mois de septembre un paysan puise dans sa besace et lance son grain dans les sillons.

La moisson est présente tantôt à la page du mois de juillet, tantôt à celle d'août coiffé d'un vaste chapeau de paille, un paysan se penche pour couper une brassée d'épis avec sa faucille. Le battage illustre le mois d'août, parfois celui de septembre quand la moisson est décalée.

Le champ de blé apparaît à l'arrière-plan de certaines scènes narratives, comme décor obligé. Il en est ainsi, dans les cycles de l'Enfance du Christ, de la scène du Miracle du champ de blé.
Le champ de blé apparaît à l'arrière-plan de certaines scènes narratives, comme décor obligé. Il en est ainsi, dans les cycles de l'Enfance du Christ, de la scène du Miracle du champ de blé.
Raconté dans des textes apocryphes, cet épisode suit la Fuite en Egypte. Les soldats d'Hérode, lancés à la poursuite de l'Enfant Jésus et de ses parents, interrogent un paysan dans son champ : je les ai vus passer, répond-il, lorsque je semais mon blé. Voyant les épis mûrs, prêts à être moissonnés, les soldats rebroussent chemin.

Le champ est figuré comme une masse rectangulaire de couleur jaune  au premier plan des traits verticaux représentent les tiges des épis superposés sont censés donner le sentiment de la profondeur.

L'épi isolé, dessiné de manière à détailler les caractéristiques qui le distinguent des autres espèces (groupement des grains, barbes, rachis), avec la précision d'une planche botanique, n'existe pas encore à l'époque médiévale.

Certains traités médiévaux illustrés au XVe siècle (Livre des simples médecines, traité pharmaceutique de Manfredus de Monte Imperiali) donnent des dessins des plantes et (plus rarement) des céréales qui font l'objet de leurs recommandations ou mises en garde. Cependant les espèces ne sont pas toujours identifiables grâce au dessin, la fonction thérapeutique ou symbolique de la plante prenant le pas sur le réalisme.

Parmi les épisodes bibliques, dans les ensembles de peintures murales développant particulièrement le cycle de la Genèse, l'offrande de Caïn donne l'occasion de représenter une gerbe de céréales.

Les céréales n'appartiennent pas au monde de l'ornement médiéval. Aucun épi n'apparaît parmi les éléments végétaux qui forment les bordures des scènes peintes (au contraire des rameaux de vigne, feuilles de chêne ou d'artichaut) ni au milieu des marges des manuscrits du XVe siècle (on y trouve en abondance fraises des bois, pâquerettes, pensées, violettes, fleurs de pois, oeillets).

On ne représente pas à l'époque médiévale les épis, associés à une grappe de raisin, comme symbole de l'Eucharistie (le Pain et le Vin dans lesquels se transsubstantialise la personne du Christ, sont les deux espèces sous lesquelles les Chrétiens communient).

Dans l'Antiquité, on représentait volontiers la déesse de l'Agriculture, Cérès, couronnée d'épis. On s'en souvient parfois, à l'époque médiévale, pour ceindre la tête de l'allégorie de l'Eté.